La dernière production de Jazz aux Remparts primée

21.03.2012

Récemment gratifié de « 4 étoiles » par Jazz Magazine et classé dans la catégorie des « Indispensables » par le magazine Jazz Hot, la dernière production du label discographique de la Scène nationale Bayonne – Sud-Aquitain Jazz aux Remparts est une fois encore distinguée. Le Hot Club de France, dont la mission est de défendre et de promouvoir le " Jazz Authentique " et avec lui les musiciens qui le pratiquent, a décerné son Prix Musiciens Français 2011 au Michel Pastre Big Band  pour son cd To Prez and Count. 

« Sous la supervision de Dominique Burucoa, le label Jazz aux Remparts a pris l’heureuse initiative d’enregistrer le grand orchestre de Michel Pastre lors de sa venue à Bayonne en novembre 2009. Ce sont les faces gravées alors qui viennent tout juste d’être publiées. On a encore en mémoire le premier opus de l’orchestre gravé en 2001, Diggin' The Count, de la belle ouvrage. Le même esprit a présidé à la réalisation de ce disque qui est un hommage à Count Basie mais aussi à Lester Young. Les arrangements léchés et swingants sont dus à la talentueuse plume de François Biensan ; quant à la musique, elle est portée par des solistes de premier plan. À commencer par le chef, le saxophoniste ténor Michel Pastre, auquel la rondeur de la sonorité et la richesse du jeu confèrent un indéniable statut de grand du saxophone : Blue Michel, Oh! Lady Be Good, One O’Clock Jump, Rock A Bye Basie, ainsi que son concerto pour saxophone ténor et orchestre sur le pulpeux A Ghost Of A Chance. Le pianiste Pierre Christophe assure un soutien sans faille à l’accompagnement et ses solos sont fort joliment tournés, comme dans Dickie’s Dream, One O’Clock Jump et I Never Knew. Quant au tromboniste Patrick Bacqueville, on ne peut que louer sa grande technique, toujours au service de la mélodie, ainsi que son sens de l’improvisation : Taxi War Dance où il joue bouché, Oh! Lady Be Good, Swingin’ The Blues et One O’Clock Jump. Le trompettiste François Biensan est tout aussi remarquable, particulièrement en valeur sur Rock A Bye Basie, Jumpin’ At The Woodside, très incisif sur Swingin’ The Blues, saignant sur One O’Clock Jump. Bien que non cités, les autres solistes ne déméritent pas. Mention spéciale pour la prestation du bassiste Raphaël Dever qui apporte une solide assise à l’orchestre, mais aussi au batteur François Laudet, au jeu précis, au tempo robuste, qui tient avec fermeté la « baraque » : Swingin’ The Blues, Taxi War Dance, One O’Clock Jump, avec un impeccable solo sur I Never Knew. Le concernant, j’aurais toutefois une réserve à faire, car à mon goût, et d’une façon générale, la batterie a été enregistrée un peu trop en retrait. Ce disque présente une grande homogénéité dans le choix des thèmes proposés, tous de bonne facture : difficile donc de choisir entre tel ou tel. Pour n’évoquer que les titres les plus marquants, notons Taxi War Dance pour les interventions musclées de Michel Pastre entrecoupées de riffs orchestraux bien sentis, ainsi que pour le drumming appuyé de François Laudet ; I Never Knew, remarquable par le tutti de la section des saxophones, et Tickle Toe, une des plus belles compositions de Lester Young, où l’orchestre insuffle au thème un drive à la fois souple et puissant. Et, bien sûr, A Ghost Of A Chance, pour la maestria de l’interprétation de Michel Pastre.

Vous l’aurez compris, c’est un disque qui se doit de figurer dans toute bonne discothèque. »

Christian Sabouret, Bulletin du HCF N°604

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